Un atelier biodiversité au cœur d’une entreprise qui s’engage…
C’est la petite histoire de dirigeants d’une grande entreprise informatique –Devoteam SA – qui s’étaient déjà enquis d’accueillir des abeilles domestiques sur leur toit. Au delà de la #RSE ou du #DD, leur motivation venait surtout d’une envie d’agir pour l’environnement. Au cœur de Levallois, deux ruches vaquent désormais à leurs occupations, au-dessus de salariés tout autant occupés qu’elles.
Rencontré récemment, le directeur général, m’annonçait avec fierté cette opération « en faveur de la biodiversité ». Avec diplomatie, je l’ai félicité et lui ai précisé que cela ne devait être que le début d’un mouvement plus cohérent vis-à-vis de la biodiversité. Je lui précisais en effet que l’abeille domestique n’est pas vraiment en danger en tant qu’espèce, surtout au cœur de Levallois, et qu’importer des milliers d’insectes domestiques n’est pas forcément une bonne idée, voire une fausse bonne idée, écologiquement parlant. La présence de ruches vaut surtout si l’on souhaite récolter du miel.
N.B. : l’installation de ruches est généralement motivée par des besoins de communication externe (on s’engage pour la biodiversité) et interne (on anime nos salariés autour de « notre » miel).
D’abord surpris, il a vite réalisé qu’en effet cette idée était contre-intuitive. Comment importer des milliers d’animaux domestiques pouvait être un geste en faveur de la biodiversité locale ? Piqué au vif, il m’a demandé ce qu’il était plus cohérent de mettre en place. L’entreprise n’ayant ni jardin, ni cour, ni patio, il me semblait plus facile de continuer sur la lancée « abeilles » en proposant d’accueillir, cette fois, des abeilles locales. Sauvages et solitaires, il existe en ville de nombreuses espèces d’abeilles (et de guêpes autant méconnues) sans domicile fixe, et constamment en recherche de nichoirs où placer leurs larves. Sans colonie, sans miel, discrètes… ces abeilles sont en partie victimes du succès de leur cousine domestique, tant choyée des humains car elle leur fournit miel, pollen, cire, propolis… ou un hobby.
Désormais, l’abeille domestique est devenue le porte étendard d’un mouvement en faveur de la pollinisation. Pourtant, sans que cela soit bien compris de tous, la pollinisation n’est pas uniquement une histoire de ruches. Au contraire l’immense majorité des pollinisateurs ne sont pas des abeilles domestiques, mais des abeilles sauvages (bourdons, osmies, andrènes…), des guêpes (dont les frelons), des mouches, des coléoptères, des papillons, des punaises… et tous les autres insectes qui fréquentent les fleurs et s’y nourrissent. C’est-à-dire, en France, des milliers d’espèces floricoles.

Nichoirs à abeilles solitaires terminés et installés sur le toit de l’entreprise
On monte le projet
L’idée lui ayant plu, nous avons monté un rendez-vous avec l’équipe de communication interne afin d’élaborer le programme et repérer les lieux. L’articulation vite retenue étant de commencer par un petit échange interactif et en images autour de ces abeilles, sauvages et solitaires, et de terminer par un atelier de fabrication de nichoirs à décorer. L’idéal eut été ensuite d’aller fixer les nichoirs tous ensemble, mais l’accès au toit étant peu pratique et trop proche des ruches, nous avons décidé d’en rester là, et de les installer en petit comité.
Une fois le programme et la date fixés, il ne me restait plus qu’à préparer ma présentation, puis à imaginer le matériel et la manip pérennes, adaptés au public et à l’emplacement prévu. Et côté Devoteam SA, de communiquer en interne et de prendre les inscriptions des salariés.

Le jour J.
Plus de 20 salariés se sont inscrits, « ce qui est plutôt bien » m’a dit la com. Une fois préparée, la salle a vu arriver des cadres, femmes et hommes, sandwichs ou taboulé à la main, s’installer et commencer à grignoter, intrigués et tout ouïe. Environ 45 minutes de présentation et d’échanges, autour des insectes pollinisateurs et de ces abeilles qui s’installeront librement dans les nichoirs que nous allons fabriquer ensemble. Beaucoup de questions, d’attention et de curiosité autour d’une thématique biodiversité rarement abordée dans le monde de l’entreprise, qui plus est dans l’univers de l’informatique – rappelons tout de même qu’un « bug » signifie punaise ou plus largement une bestiole, type cafard qui grignote un fil… informatique !

Au bout de 45 minutes, nous avons basculé vers des tables plastifiées et sur lesquelles nous avons réalisé, en équipe, des nichoirs. Nulle compétition, uniquement de l’entraide, entre tous ces collaborateurs désormais convaincus de l’utilité et de l’originalité de leur geste.

Ces 45 minutes ont été riches en papotages, rires et questions. Les relations inter services étant ici particulièrement sollicitées. Chacun a ensuite personnalisé son nichoir, et le résultat parle de lui-même : drôle et spontané.

En petit comité, nous sommes ensuite allés fixer les nichoirs aux bons emplacements et avec la bonne orientation. Quelques photos, des partages sur les réseaux sociaux, et beaucoup de souvenirs.
Voilà une opération utile pour tout monde : l’entreprise, ses salariés et les petits habitants ailés de la ville, qui viendront nicher en toute sérénité sur le toit de l’entreprise !
A suivre ?! 🙂

Nichoirs avec vue sur la Tour Eiffel et non loin des ruches
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