Nombre d’établissements publics d’aménagement, de métropoles, de conseils régionaux, de conseils départementaux, d’intercommunalités, de communes, souhaitent concilier, à travers une stratégie foncière pertinente, leur développement économique avec le maintien d’un territoire riche en ressources naturelles et attractif.
Cependant, combien d’entre ces organismes arrivent-ils à déployer cette stratégie de manière cohérente sur toute la chaîne de décision, d’assistance à maîtrise d’ouvrage, d’assistance à maîtrise d’oeuvre, de construction, de promotion de projets locaux urbains ou ruraux ? Combien expriment-ils le besoin de disposer d’une méthodologie, d’outils et de retours d’information terrain qui leur garantissent cette cohérence d’ensemble dans le temps ?
Forte de l’expérience d’aménageur de son fondateur, la start-up ProfilBiodiversité a conçu une démarche adaptée à cette double problématique. Cette démarche tend à garantir la cohérence de la stratégie foncière écologique, du global au local. Elle offre l’accès à des méthodes et outils qui permettent de tenir compte des spécificités de chaque niveau d’intervention territorial (métropole/ville ; bourg/quartier ; parcelle).
Cette démarche s’appuie sur le logiciel ProfilBiodiversité (aN), un outil d’aide à la décision et de gestion en temps réel de l’organisation d’un territoire foncier. A l’instar du concept inventé par le chercheur français René Dubos (naturalisé américain) « Think Global, Act Local », ce logiciel propose un processus quantitatif d’analyse des données selon une approche itérative bottum up – top down qui garantit une cohérence d’ensemble continue.
Nos clients et interlocuteurs nous demandent très souvent comment tout cela fonctionne. C’est l’objet de cet article qui tend à expliquer notre vision et notre apport dans l’élaboration d’une stratégie foncière écologique.
Du « zéro carbone net » au « zéro artificialisation nette »
Premier point de vue déterminant, la démarche de ProfilBiodiversité vise à concilier le développement économique avec le maintien de la diversité et de la richesse territoriale. Ce qui revient à repenser les stratégies foncières en adoptant un prisme écologique. A ce titre, on ne peut plus faire l’impasse aujourd’hui sur la question de l’artificialisation des sols en milieu urbain, périurbain, forestier ou agricole (l’agriculture intensive participe de cette artificialisation). Celle-ci est devenue la deuxième cause du dérèglement climatique et la première cause de perte de biodiversité.
Après le « zéro carbone net », les acteurs économiques et locaux vont devoir intégrer l’enjeu du « zéro artificialisation nette ».
Notre ambition est d’atteindre la neutralisation en terme d’artificialisation, quel que soit l’usage du foncier, en menant des actions correctives et innovantes à tout niveau territorial.
Cette neutralisation de l’artificialisation des sols est rendu possible grâce à l’intégration de fonctionnements biologiques dans les choix d’aménagement, partout où cela est possible y compris dans des milieux très artificialisés. Ces fonctionnements biologiques faciles à mettre en œuvre à moindre coût rompent avec l’imaginaire collectif de la nature (cf. article du 23 dec. 2016 « artificialisation & nature »). Ils consistent à recréer des sols (échanges entre eau, air et humus), à reconstituer des biotopes (existence de différentes strates végétales), à diversifier le végétal qualitatif (émergence de cortèges faune-flore adaptés au site), à limiter les usages des intrants et à favoriser les connectivités (corridors et habitats naturels pour les espèces faunistiques et floristiques).
Une stratégie pertinente au regard de l’usage du foncier actuel ou projeté
Les fonctionnements biologiques évoqués ci-dessus sont sources de progression et d’innovation à chaque niveau territorial de leur développement parce qu’ils répondent en tout point à la stratégie foncière écologique, établie selon le processus ProfilBiodiversité et avec le logiciel éponyme aN. Ce processus questionne très en amont l’usage du foncier actuel ou projeté pour définir les objectifs à atteindre, les leviers du changement et les actions correctives et innovantes pour y parvenir. Ce processus s’établit en 3 étapes.
aN1 Un état des lieux du foncier existant est établi.
Essentiel à la réussite de la mission, le diagnostic terrain se traduit par une cartographie extrêmement fine du foncier observé intégrant toutes les informations transmises par le client à l’équipe ProfilBiodiversité : bibliographie existante, études d’impacts, plan, projets envisagés à iso usage ou avec changement d’usages, contacts avec les responsables locaux. Le logiciel aN, qui est un outil en ligne au mode itératif, conçu pour optimiser le foncier en faisant émerger des actions cohérentes par rapport aux objectifs visés, identifie quasiment en temps réel les marges de progression envisageables sur les fonctionnements biologiques. Les progressions sont géolocalisées ou présentées dans leur globalité.
Cette étape se clôture par l’identification des objectifs « zéro artificialisation nette ». Cette identification – incluant les niveaux à atteindre sur une échelle 0 à 100% – est réalisée en croisant les marges de progression effective du foncier ET le choix des services écologiques à accroître.
Les objectifs« zéro artificialisation nette », au nombre de 5, renvoient aux fonctionnements biologiques de la nature, dont on a vu qu’ils pouvaient être réintroduits dans des milieux artificialisés :
- l’objectif « zéro perte de sols nette », niveau à atteindre sur l’axe Sols
- l’objectif « zéro perte de biotopes nette », niveau à atteindre sur l’axe Biotopes
- l’objectif « zéro réduction de végétal nette », niveau à atteindre sur l’axe Végétal
- l’objectif « zéro usage d’intrants », niveau à atteindre sur l’axe Intrants
- l’objectif « zéro perte de connectivités nette », niveau à atteindre sur l’axe Connectivités.
Chacun de ces objectifs renforce les services écologiques. A noter parmi les 43 services écologiques rendu par les écosystèmes à l’activité humaine, les plus courants sont les suivants :
- le support de cultures alimentaires et énergétiques
- la prévention des crues et des inondations
- l’atténuation des effets des sécheresses
- le maintien de la qualité des sols et de la pollinisation
- la valeur intrinsèque et patrimoniale de la biodiversité
- la régulation du climat local ou global
- la purification et maintien de la qualité de l’air
- la fourniture d’eau à usage domestique.
aN2 L’élaboration de la stratégie foncière constitue la deuxième étape de ce processus.
Une fois priorisé tout ou partie des 5 objectifs zéro artificialisation nette à atteindre et sélectionné le ou les services écologiques à accroitre, les équipes aN établissent des scenarii d’évolution du périmètre foncier observé.
Elles le font en actionnant deux leviers du changement : la modification du mode d’occupation des sols (MOS) et/ou l’optimisation des 5 axes du fonctionnement biologique de la nature.
L’outil aN offre en effet la possibilité de modéliser des scenarii de progression, d’évaluer leurs impacts sur le niveau des objectifs à atteindre et de quantifier les résultats sur les services écologiques à développer. Ces résultats sont exprimés en « hectares de surfaces converties en service écologique ».
Chaque scenario est composé d’actions projetées par les acteurs clients ou suggérées par aN. Les scenarii sont comparables les unes aux autres. Le tout fonctionne en temps réel, ce qui permet des prises de décision dans des délais très rapides.
aN3 La concertation clôture la démarche.
Le ou les scenarii d’évolution du foncier élaborés en aN2 et les actions correctives qu’ils contiennent peuvent être confrontés aux différentes parties prenantes au projet. Chacun peut d’ailleurs travailler son propre scénario sous la houlette du chef de projet, formé à l’usage ludique du logiciel aN.
Un scénario collectif et consensuel est ainsi validé après concertation. Les actions sélectionnées dans ce scénario le sont pour leurs points de cohérence avec les objectifs zéro artificialisation nette à atteindre et les services écologiques ciblés. Elles le sont aussi eu égard les coûts à générer pour assurer la progression des fonctionnements écologiques au niveau souhaité et par rapport à un usage donné du foncier. Les gestionnaires de foncier disposent ainsi d’actions correctives à la cohérence garantie:
Les 5 points de cohérence des actions correctives
La cohérence des actions correctives sélectionnées selon un processus itératif permanent entre le terrain et le global est assurée par les fonctionnalités intrinsèques du logiciel aN. Celles-ci font figure de points de contrôle.
1. Cohérence globale – Chaque partie du périmètre foncier à prendre en compte est mise à jour en permanence, au moment de la phase de diagnostic, puis lors des mises à jours régulières facilitées par la simplicité du logiciel aN. Ainsi tout le territoire observé est-il renseigné au même niveau d’information, sans zone grise, ni zone caduque. Ce qui facilite la vérification de l’atteinte des objectifs. Le processus itératif permet de réviser la stratégie chaque année en mode amélioration continue. Exemple : la zone concédée à un promoteur est mise à jour pour obtenir un feed-back sur ce qu’il a fait (ou pas fait).
2. Cohérence par rapport aux objectifs – La sélection des actions suggérées par ProfilBiodiversité ou proposées par les différents niveaux territoriaux sont adoptées dès lors qu’elles sont en cohérence avec les objectifs zéro artificialisation nette et les résultats sur les services écologiques visés dans la stratégie. Exemple : combien de surfaces favorables au service régulation du climat local ont elles été converties ?
3. Cohérence multi-scalaire. Les actions testées et validées au global le sont également pour le local et ce en temps réel. Par ailleurs, chaque niveau territorial a la possibilité de proposer et d’adapter ses actions dès lors qu’elles sont en cohérence aux objectifs visés. La stratégie peut ainsi trouver différentes traductions tout aussi pertinentes les unes que les autres. Exemple : le local reçoit pour orientation de viser l’objectif zéro perte de biotope et une action pour l’atteindre. Le local peut en suggérer une autre pour atteindre le même objectif, à un autre endroit dès lors que cela reste en cohérence avec la stratégie. Le logiciel aN simule en direct l’impact des actions correctives proposées par le local.
4. Cohérence économique – Chaque action est évaluée pour son coût à court et long termes. Exemple : une action peut avoir un coût d’investissement faible et un coût d’exploitation élevé. Ou inversement. Une recherche des meilleurs ratios est entreprise.
5. Cohérence réglementaire – Chaque action est comparée à la réglementation (espèces ou milieux protégés, trame espèces cible, trame verte et bleue) en cours, identifiée en phase de diagnostic. Ce qui garantit la viabilité totale de la stratégie élaborée selon le processus ProfilBiodiversité . Exemple : une action peut-être cohérente sur les quatre premiers points (ci-dessus) et en décalage avec la réglementation en un lieux précis: aN fait apparaître cela, l’action est alors revue et adaptée.
Une approche innovante
S’il fallait résumer en quelques lignes l’apport de ProfilBiodiversité et de son logiciel aN dans le processus d’élaboration d’une stratégie foncière, voici ce que nous dirions.
- Le logiciel aN est le 1er outil d’optimisation en temps réel de l’organisation d’un foncier.
- aN digère l’ensemble de la bibliographie disponible, dont les études d’impact. Sa puissante capacité d’analyse de données multicritères (écologiques, économiques, usages du foncier) permet de piloter, de prédire et d’optimiser les choix d’aménagement et d’établir en temps réel des plans d’actions, à court, moyen et long termes.
- Le processus est itératif, bottum-up, et global tout à la fois : chaque niveau territorial peut voir la partie qui le concerne ou l’ensemble. Il permet ainsi de définir une stratégie foncière évolutive crantée dans le temps.
- Ce processus crée les conditions d’un dialogue vertueux d’amélioration continue, ce qui garantit l’adéquation de la stratégie globale aux enjeux locaux.
- Le processus est collaboratif et intégrateur. Il facilite l’incubation de projets urbains ou agricoles avec d’autres acteurs du territoire. Il favorise la co-construction de la stratégie foncière en proposant aux parties prenantes un langage commun.
- Enfin ce processus autorise le benchmark sur des sites de même nature. La comparaison est source de créativité et de motivation / reconnaissance des acteurs locaux qui peuvent valoriser leurs actions terrain.
https://profilbiodiversite.fr/an-la-garantie-dune-strategie-fonciere-coherente-et-geolocalisee/