Quelle solution face à une artificialisation galopante ? Une amplification de la nature, bien sûr !
Deuxième cause du dérèglement climatique et première cause de la perte de la biodiversité, la question de l’artificialisation des sols a été de longue date le point de discorde entre naturalistes, écologistes, industriels, agriculteurs, aménageurs et constructeurs : les uns militaient pour une nature préservée ; les autres pour le droit de transformer le territoire.
L’artificialisation des sols et la nature ont longtemps fonctionné comme des vases communicants : quand la première s’imposait, la seconde s’effaçait ; quand la nature était mise sous cloche (réglementée pour être protégée), l’artificialisation des sols était exclue.
Comprendre le fonctionnement de la nature pour l’amplifier
Aujourd’hui, l’évolution de la science écologique autorise de penser autrement la dynamique entre ces deux éléments structurants de l’aménagement du territoire que sont l’artificialisation des sols et la nature. Cette science a en effet permis :
- de décortiquer la nature ;
- de comprendre le mécanisme de fonctionnement de chacun de ses éléments et des échanges qui s’établissent entre eux ;
- d’évaluer la pertinence de leur présence par rapport à un usage donné du foncier et le service écologique qu’ils rendent alors : attractivité du territoire, régulation de la ressource sol, régulation du climat local, réduction de la compensation …
Ainsi, a t’on compris que mettre du végétal un peu partout en ville ou en milieu agricole ne suffit plus à « faire nature » et ne constitue pas LE remède à l’hyper artificialisation des espaces. Certes, la démarche est utile mais elle est réductrice.
Car la nature ne consiste pas uniquement en une présence de chlorophylle. La nature, ce sont des fonctionnements biologiques simples, faciles à développer, y compris dans des milieux très artificialisés :
- la nature, ce sont des échanges d’eau, d’air et d’humus entre la partie souterraine et la partie aérienne du SOL ; ces échanges font la qualité du sol, c’est-à-dire de la matière nourricière; non compactée, à l’intérieure de laquelle circule de l’eau ;
- la nature, ce sont des échanges entre des strates végétales ou autrement dit des BIOTOPES : une strate muscinale (mousse), une strate d’herbacées (herbes), une strate d’arbustives (arbustes), une strate d’arborées (arbres) ;
- la nature, ce sont des échanges entre la flore et la faune pour que les cortèges faune-flore puissent se développer et produire du VEGETAl qualitatif ;
- la nature, c’est un fonctionnement sans INTRANTS, ces betas bloquants qui empêchent les échanges et cassent les cycles du végétal, de reproduction et de développement ;
- la nature, ce sont enfin des flux de déplacement des espèces, permis grâce à des corridors et des habitats naturels, aussi appelés les CONNECTIVITÉS.
Or, tout ou partie de ces passages, échanges et flux peuvent être retrouvés partout. Pas à côté des surfaces artificialisées ! Non ! Mais intégrés à ces surfaces. Ce qui ouvre des marges de progression et d‘innovation insoupçonnées.
Imbriquer plutôt que gérer du côte à côte
Ces innovations sont tout aussi environnementales que culturelles car elles obligent à se détacher d’une vision idéalisée de la nature pour favoriser le fonctionnement de ses composantes qui permettent à l‘écologie de jouer son rôle de régulateur biologique. Et ce quel que soit l’usage du foncier.
Qu’il soit bâti, agricole, industriel, naturel, on a vu ci-dessus que ce foncier pouvait désormais héberger, potentiellement partout, une nature non forcément visible, mais capable de recréer des éco-systèmes vivants là où l’on pensait que c’était impossible et d’assurer la résilience des espaces artificialisés. Prenons quelques exemples. On peut imaginer de créer facilement et à moindre coût :
- des surfaces logistiques (parkings, centres commerciaux…) avec des sols captant, filtrant l’eau puis faisant « éponge » pour réguler les îlots de chaleur locaux ;
- des toitures de bâtiments industriels converties en surfaces d’habitat, dédiées à une espèce cible réglementée en liste rouge (espèces à protéger) ;
- de l’agriculture intensive couverte en surface avec production d’humus pour favoriser le stockage de carbone dans les sols ;
- de l’habitat péri-urbain intégrant un réseau de végétation locale, prélevée localement pour être en parfaite cohérence avec la trame verte et bleue globale ;
- des espaces publics avec un taux de végétalisation (strates muscinales, herbacée, arbustives ou arborées) élevé pour réguler la qualité de l’air en captant les particules polluées…
La liste est longue de ces fonctionnements biologiques à privilégier pour engager une nouvelle relation entre l’artificialisation des sols et la nature.
Mais ce qui nous semble important de retenir, c’est qu’entre le 19ème et le 21ème siècle, nous sommes passés d’une démarche protectionniste à une démarche intégratrice. C’est-à-dire à une démarche qui réussit à amplifier la nature de manière innovante, en la superposant à un contexte d’artificialisation prédominante.
Là est la véritable innovation à laquelle croît ProfilBiodiversité et que nous cherchons à mettre en œuvre en visant, dans nos interventions, l’objectif « Zéro artificialisation nette ». L’idée n’est pas tant de combattre l’artificialisation mais d’arriver à un bilan neutre, rendu possible grâce à l’intégration d’éléments de fonctionnements biologiques partout où cela est possible, in situ ou ex situ. Et un bilan évalué chaque année dans le cadre d’une démarche d’amélioration continue, versus une approche binaire.
L’intervention d’ProfilBiodiversité permet in fine aux collectivités, entreprises, industriels, agriculteurs… de se doter d’une stratégie foncière économiquement et écologiquement équilibrée, crantée chaque année et géolocalisée.
https://profilbiodiversite.fr/penser-autrement-la-relation-artificialisation-nature/